Et je n’ai donc pas besoin de la revendiquer ». Le barde qui récite a mémorisé le canevas global du récit et la succession des figures. Zadi Zaourou l’a repris comme une métaphore de la quête poétique : comme le chasseur ou le féticheur mythique, le poète tente d’appréhender le monde dans une tentative à la fois démiurgique et imparfaite, qui révèle la grandeur et les limites de l’humain (AL, Soro). 13Dans les contes wolof ou lébou, l’initiation du héros s’accomplit fréquemment par la confrontation avec une figure monstrueuse. Sur le plan de la construction ou du rôle des personnages, la littérature écrite paraît également porteuse d’une plus grande complexité. 7 Les deux œuvres présentent le parcours d’un narrateur confronté aux méfaits du colonialisme et s’achèvent sur l’annonce d’une libération. Les figures stylistiques dans lesquelles Parry et Lord voyaient la preuve d’une composition improvisée sont également celles qui facilitent la mémorisation. Ces deux rôles se combinent même dans certains contes complexes comme celui de Jaak et son épouse serpent16 (AL, Sega Touré). 6De nombreuses œuvres de la littérature contemporaine s’inspirent des épopées ou contes traditionnels et reprennent les procédés stylistiques de l’oralité. Le recours au proverbe peut être une façon d’adresser à l’autre conseil ou remontrance, dans des sociétés où, comme chez les Bwa du Mali, les relations interpersonnelles proscrivent des propos trop explicites (PN, Leguy). Relatant l’initiation de la jeune héroïne, il développe une représentation du rôle des femmes. 6 Cette édition est réalisée par Yero Dooro Jallo, professeur d’arabe à Dakar et célèbre militant de la culture peule. Mais, en près d’un siècle, les littératures africaines écrites ont co… Dès lors, la meilleure façon de la préserver est d’encourager sa pratique et de soutenir les droits et conditions d’existence des groupes qui l’ont créée (PN, Baumgardt). Ces mutations ne seront pas sans conséquences sur les études consacrées à l’oralité Pour ma part, toute « oralité » tout être respectueuse des exigences littéraires, et ce n’est pas en alignant des mots et noms africains ou des traditions ou bribes de sagesse africaine dans une langue tortueuse et ampoulée, qu’un auteur se dirait plus africain que cet autre respectueux et soucieux de la cohérence et la clarté dans son récit. À l’inverse, dans les contes plus contemporains, les petites bonnes sont maltraitées par les adultes qui les accueillent (PN, Ugochukwu)12. En Afrique de l'Ouest, la littérature est souvent orale et transmise par les griots. La littérature africaine, et principalement la littérature subsaharienne, a la spécificité de se nourrir abondamment de l'oralité. 5 Dans ce roman initiatique (L. Camara, Le regard du roi, Paris, Plon, 1954), un Blanc, Clarence, tente d’accéder à la connaissance de l’Afrique, symbolisée par ce roi dont il s’agit de capturer le regard. 8La littérature orale est par nature un phénomène social, qui s’intègre dans le cadre des normes de sa prestation ou de la communication interpersonnelle. En outre, dans les contes, les personnages peu nombreux ont une fonction généralement univoque et explicite vis-à-vis du héros ; genre plus ample, le roman introduit davantage de personnages avec une présence qui peut être affirmée ou éparse, une position susceptible d’être nuancée (AL, Hoensch). L’oralité est souvent abordée selon un point de vue simplificateur : les littératures orales, pratiquées en milieu rural, dans des zones plus ou moins isolées et « traditionnelles », seraient conservatrices et incapables de s’ouvrir à l’innovation. On ne raconte pas la fin avant le début, ni des évènements présents avant ceux du passé. la situation initiale ou le dénouement n’étant indiqués que de manière succincte. Dans les contes igbo du Nigeria, il est fréquent que le nom d’un personnage annonce ses qualités ou sa destinée. L’oralité dans la littérature de la Corne de l’Afrique : traditions orales, formes et mythologies de la littérature pastorale, marques de l’oralité dans la littérature Thèse de littérature française Centre Pluridisciplinaire Textes et Cultures Ecole Doctorale LISIT Thèse … Ces épopées pastorales célèbrent le bovidé, éternel compagnon du Peul auquel il apporte ses moyens de vivre et son statut social. Dans le conte sanan, la mère et sa co-épouse apparaissent coupables d’avoir mal surveillé l’enfant. L’Ivoirien Jean-Marie Adiaffi (1941-1999) revendique une écriture, du nom du tissu africain conçu comme un assemblage de morceaux multicolores. Une fois l’assemblée décrite, le barde relate la délibération, puis l’exécution de la décision, rapportant les épisodes selon un ordre logique. . Jusqu’à une époque donnée, parler de l’oralité dans une oeuvre revenait à y trouver des bribes de sagesse africaine qui n’ en était quelque fois pas une ; des extraits de proverbes cités, de chants non traduits, des glossaires, des noms des héros de l’Histoire de l’Afrique ou gardiens de la mémoire noire. En se présentant sous forme de texte, l´écrit semble bien être plus important en termes de volume que l´oralité et il faut bien noter que cela n´est pas le fruit du hasard. Ses travaux combinent enquêtes de terrain et analyse globale du fait linguistique, selon des approches d’ethnologie mais aussi de théorie littéraire, analyse linguistique ou stylistique. Cette différence est attestée par la façon dont un même épisode se trouve traité par l’écrivain guinéen Camara Laye (1928-1980). Vincent Hecquet, « Littératures orales africaines »,  Cahiers d’études africaines, 195 | 2009, 833-840. Le groupe des chasseurs fait circuler la parole entre le monde des hommes et celui des esprits (AL, Ugochukwu). Dans les contes igbo du Nigeria, il est fréquent que le nom d’un personnage annonce ses qualités ou sa destinée. Cette corde consiste en un chapelet qui réunit des centaines de fragments de calebasse mesurant chacun environ cinq centimètres. … L’oralité est une forme de littérature car elle appelle forcement une structure dans sa construction. Dans le conte de Bilâli et l’oiseau insatiable, un jeune garçon a invité un petit oiseau à manger à sa guise. Au Mali, le récit dogon de Yasama combine plusieurs fonctions. Au Nigeria, une série de contes igbo présente des enfants placés, reflétant la probable dégradation de cette pratique : les contes des années 1970 et 1980 montrent des familles rurales traditionnelles dans lesquelles l’enfant placé est traité comme les autres enfants. 18 Mwapetu, la cadette de Yele décide de découvrir Mbomo malgré les défenses que celui-ci lui adresse, aussi finit-il par l’avaler. Le récit auquel donne son nom le génie Koumen est un récit d’initiation aux techniques pastorales, dans lequel le héros franchit douze clairières qui correspondent à autant d’étapes de son apprentissage. Les devinettes exercent à la réflexion personnelle et à la sagacité. IntroductionSelon Peytard (1970) l’oralité est le caractère des énoncés réalisés par articulation vocale et susceptibles d’être entendus. À l’héritage de l’oralité africaine, son style réunit de multiples influences, parmi lesquelles les philosophes présocratiques, les poètes symbolistes, et les écrivains de la négritude. Le poème D’éclairs et de foudres, publié en 1980, a ainsi pu être rapproché du Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire7 (AL, Kobenan N’guettia). Par exemple, il arrive que les épopées présentent des héros qui s’affranchissent des limites ou des lois du groupe. Cet enfant se moque de son père, ridiculise les figures du sultan, du griot et du marabout… Ces institutions ne se sont imposées que tardivement au Nord Cameroun, à partir du XVII, siècle. De façon habituelle, le passage à l’écrit se traduit pourtant par un lexique davantage recherché et par des descriptions plus développées et plus explicatives. D. Monofila - qui signe l’article ci-dessous - est un intervenant régulier de ce Blog. Chez les Peuls, chaque groupe social possède en outre des chants épiques qui expriment son identité : fantafi des pasteurs, dillere des tisserands, gumbara des guerriers. L’épopée du Fouladou relate la geste du héros Molô Egge qui dirige une révolte contre les Mandingues. L’oralité en tant qu’un trait distinctif de la littérature orale est très bien célébrée dans la littérature antillaise qui a pris sa source de la littérature africaine en raison historique. L’épopée développe ainsi un récit collectif qui construit une identité idéologique ou culturelle. 14 Ce conte présente un enfant qui désobéit à sa mère et se retrouve seul dans lemonde sauvage. (PN, Oumarou Bâ). Ces ouvrages honorent deux grands spécialistes de l’oralité africaine : Paroles Nomades ... ses formes stylistiques ainsi que sur son inscription dans les sociétés africaines. Lors des réjouissances publiques, le chanteur s’appuie sur cet objet pour soutenir sa mémoire et retrouver les histoires et récits qu’il relate (AL, Camara). Relatant l’initiation de la jeune héroïne, il développe une représentation du rôle des femmes. Voilà d’où notre inspiration dans le présent article qui porte sur l’étude de l’oralité dans La Rue Cases-Nègres de Joseph Zobel. Loralité a donné une dimension exotique et innovante à la littérature francophone. Sur le plan de la construction ou du rôle des personnages, la littérature écrite paraît également porteuse d’une plus grande complexité. – Approches littéraires de l’oralité africaine. Les poètes bédouins procèdent de la sorte : ils composent des vers sans avoir à les retenir, disposant du concours d’assistants spécialement chargés de les mémoriser et de les rappeler à leur demande (PN, Casajus). Les devinettes exercent à la réflexion personnelle et à la sagacité. Ces épopées pastorales célèbrent le bovidé, éternel compagnon du Peul auquel il apporte ses moyens de vivre et son statut social. Jugeant ce procédé trop complexe et trop systématique pour être le fait d’un auteur unique, Parry y a vu l’héritage de plusieurs générations d’aèdes qui ont, au fur et à mesure de leurs improvisations, sélectionné sans s’en rendre compte les épithètes les mieux adaptés à la prosodie. 1 L’anaphore est la répétition de vers commençant par les mêmes segments. Une fois dans la chambre, il se transforme en serpent et la jeune fille en meurt. Les épopées du Jolof mettent en scène la vie des pasteurs. Le récit est accompagné de musique. La femme serpent disparaît finalement dans la mer. Comment est-elle conçue ce jour par la nouvelle génération d’auteurs venus du continent ? Elle se lie d’amitié avec le renard qui lui révèle les connaissances ésotériques. L’édition écrite joint aux signes de l’oralité un lexique plus soutenu, des notes et des explications visant à permettre sa diffusion auprès d’un public plus large (PN, Bourlet). L’étude de la relation entre littérature et oralité ne saurait, par ailleurs, se borner à l’examen des traces de culture orale dans l’écriture. Celle-ci aurait trouvé en cette source patrimoniale l’un … Un conte de l’extrême nord du Cameroun relate l’histoire d’un enfant terrible (garçon ou fille selon les versions) qui s’en prend à toutes les valeurs sociales. Récits, discours, images qui paraîtra en juillet 2021 chez LEGS ÉDITION sous la direction de Salma FELLAHI et Réda BEJJTIT. De 1980 à 1987, il a dirigé une troupe de théâtre qui a créé une dizaine de ses œuvres, parmi lesquelles La termitière (1981). Des observations similaires peuvent être faites en confrontant la version orale de l’épopée de, et sa transcription écrite, récemment publiée en peul, . Entre le Sénégal et la Mauritanie, les pêcheurs pratiquent le, chant épique qui évoque la puissance des bêtes (hippopotames et crocodiles) et des divinités fluviales. Le traitement romanesque diffère de la retranscription en ce que les descriptions sont plus développées et le lexique plus recherché (PN, Skattum). Cette différence est attestée par la façon dont un même épisode se trouve traité par l’écrivain guinéen Camara Laye (1928-1980). Autre poète et dramaturge ivoirien, Bernard Zadi Zaourou a défini son art poétique en reprenant un terme issu de la tradition orale, le didiga8. Mais, en près d’un siècle, les littératures africaines écrites ont considérablement évolué dans leur esthétique … Cet ensemble de valeurs est incarné par l’épopée des deux héros. Qu’est-ce qu’on entend par Oralité ? Des observations similaires peuvent être faites en confrontant la version orale de l’épopée de Silâmaka et Poullôri et sa transcription écrite, récemment publiée en peul6. « Concilier la parole des griots à l’esprit des plus pertinentes exigences littéraires. Lorsqu’il est question de l’oralité de la littérature africaine de langue française au sens des emprunts à la tradition orale, il s’agit de l’intégration dans le texte écrit de techniques littéraires qui appartiennent aussi à la tradition précoloniale (structuration du récit, symbolismes, thèmes, rapport avec le public, types de personnages, etc.)9. Dans les contes wolof ou lébou, l’initiation du héros s’accomplit fréquemment par la confrontation avec une figure monstrueuse. Ces ouvrages honorent deux grands spécialistes de l’oralité africaine : Paroles Nomades (noté PN) est offert en hommage à Christiane Seydou et Approches littéraires de l’oralité africaine (noté AL) à Jean Derive. On peut noter la ressemblance de ce conte africain avec des contes occidentaux comme la légende d’Eros et Psyché de la tradition antique, ou la légende de Mélusine écrite par Jean d’Arras à la fin du XIVesiècle. Elle est un véritable outil pour donner toute son ampleur aux mots utilisés par ses auteurs. 1. Littérature orale et civilisation de l'oralité en Afrique : Quelques barrières à lever pour une approche objective de la culture africaine moderne. Enjeux et perspectives pour comprendre et agir’’, un projet planétaire porté par l’Afrique. Chez les Peuls, chaque groupe social possède en outre des chants épiques qui expriment son identité : des guerriers. Quelle définition adéquate nous en donne le corpus littéraire africain ? 10Les épopées orales reflètent, affirment et transmettent les valeurs de la société peule. L’inscription du conte dans le contexte culturel d’une communauté est bien illustrée par les variantes du conte de l’enfant à la flûte, qui se retrouve dans trois sociétés très différentes : chez les Sanan du Burkina Faso, aux Antilles et chez les Noirs marrons aluku de Guyane. Cette tête va pousser l’enfant à commettre des actes embarrassants et honteux. Le, est pratiqué lors des départs pour la chasse et des cérémonies d’intronisation. Ces deux ouvrages rassemblent des contributions qui ont été écrites pour la plupart par des membres du centre LLACAN (Langage, Langues et Cultures de l’Afrique noire). Étudiant l’œuvre d’Homère, Parry observe que les épithètes qui caractérisent les héros permettent d’ajuster la prosodie en remplissant exactement l’espace compris entre la césure et la fin du vers. L’oralité a été convoquée dès l’origine par la critique comme l’un des critères d’approche privilégiés de la production littéraire africaine. Trois récits wolof mettent en scène un jeune individu (garçon ou fille selon les versions) mal élevé, impoli et désobéissant qui se trouve confronté à un personnage étrange, une tête sans corps. Dès lors, la meilleure façon de la préserver est d’encourager sa pratique et de soutenir les droits et conditions d’existence des groupes qui l’ont créée (PN, Baumgardt). Ces rumeurs présentent une forte ressemblance avec les contes traditionnels dans lesquels Yélé, la fille difficile, a épousé le serpent Mbolo qui a pris forme humaine pour la séduire, la couvre de richesses, mais lui interdit de pénétrer là où il vit. Une fois l’assemblée décrite, le barde relate la délibération, puis l’exécution de la décision, rapportant les épisodes selon un ordre logique. Que ce soit dans les romans, les nouvelles ou la poésie, le tirailleur est un personnage récurrent de la littérature africaine. Elle n’est plus à rechercher dans les écrits d’auteurs africains comme une aiguille dans un sac de foin et n’a plus pour baromètre le nombre de proverbes cités ou le « parler nègre banania » ! Au Nigeria, une série de contes igbo présente des enfants placés, reflétant la probable dégradation de cette pratique : les contes des années 1970 et 1980 montrent des familles rurales traditionnelles dans lesquelles l’enfant placé est traité comme les autres enfants. 7Les poètes africains actualisent eux aussi les figures de l’oralité traditionnelle, tout en se réclamant d’influences occidentales ou plus contemporaines. Littérature africaine et oralité, Ursula Baumgardt, Jean Derive, Karthala. Dans son second roman comme dans sa thèse, Camara Laye décrit l’arrivée du roi dans un village, épisode qu’il extrait d’une épopée traditionnelle malinké. Cette dimension d’improvisation trouverait sa preuve, selon Parry et Lord, dans la présence de plusieurs traits stylistiques. . Une fois dans la chambre, il se transforme en serpent et la jeune fille en meurt. Il voit celui-ci avaler toutes les provisions qu’il possède sans pouvoir se désengager. » Par D. Monofila. Bref dans la « manière de dire » ou le discours de l’auteur. Des milliers de livres avec la livraison chez vous en 1 jour ou en magasin avec -5% de réduction . 11 Ainsi, la geste du héros Guelel qui protège la vache Thiwel que veut voler son ennemi Goumanel. À l’inverse, dans le conte Issa Balêyel, le, libère le héros de sa parole une fois que celui-ci l’a respectée, Les thèmes et structures des contes traditionnels se retrouvent dans certaines rumeurs contemporaines. Au début des années 2000, circulait dans les villes du Gabon une série de légendes urbaines présentant des hommes-serpents ou femmes-serpents. Le principal interprète en fut Guellaye, qui est mort en 1971. La tradition orale occupe ainsi une place importante dans l’histoire africaine, comme le soulignait Amadou Hâmpaté Bâ : « la tradition orale est au cœur de l’histoire de l’Afrique, de l’héritage de connaissance de tous ordres patiemment de bouche à oreille et de maître à disciple à travers les âges ». Autre poète et dramaturge ivoirien, Bernard Zadi Zaourou a défini son art poétique en reprenant un terme issu de la tradition orale, le. La liste serait longue. Aux XVII, siècles, l’épopée pastorale relate des conflits pour la razzia du bétail, reflétant la violence qui déstructure alors les sociétés de Sénégambie. Cet enfant se moque de son père, ridiculise les figures du sultan, du griot et du marabout… Ces institutions ne se sont imposées que tardivement au Nord Cameroun, à partir du XVIIe siècle. Cette conception de l’oralité prend donc en compte la parole comme un langage articulé, inséparable des caractéristiques qui l’entourent telles que la diction, la prosodie, l’intonation, le débit, les accents, les pauses etc. Il est à remarquer que n’étant pas de traditions écrites mais orales, les peuples d’Afrique au sud du Sahara ont longtemps survécu avec pour héritages culturels des contes, légenges, fables transmis d’une génération à une autre. À l’inverse, dans le conte Issa Balêyel, le djinn libère le héros de sa parole une fois que celui-ci l’a respectée17 (AL, Baumgardt). Le conte antillais valorise la ruse du garçon, et la version aluku le courage de l’homme qui le sauve (PN, Platiel). De plus, la pratique linguistique peut recéler des points de continuité entre l’oralité et la littérature écrite. Lors des réjouissances publiques, le chanteur s’appuie sur cet objet pour soutenir sa mémoire et retrouver les histoires et récits qu’il relate (AL, Camara). Les griots suivent une formation spécialisée et parlent des langues nigéro-congolaises. Azané est mis à mort par les hommes de main du système colonial, « hommes blancs habillés de noir et hommes noirs habillés de blanc ». Les contes présentent généralement un développement linéaire du récit ; les romans ont une construction plus variée, dans laquelle l’ouverture peut se faire. C’est ainsi qu’on peut écrire une oeuvre emprunte de l’Oralité en parlant de l’Académie française ou simplement de l’écriture littéraire de facture classique. Portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales, https://doi.org/10.4000/etudesafricaines.14052, Analyse théorique de la littérature orale, Formes stylistiques de l’oralité et de l’écrit, Les épopées peules et leur dimension identitaire, Le conte, reflet des structures et valeurs sociales, Catalogue des 552 revues. Jusqu’à une époque donnée, parler de l’oralité dans une oeuvre revenait à y trouver des bribes de sagesse africaine qui n’ en … Alors que les structures du récit sont exactement les mêmes entre ces trois versions, le rôle des personnages revêt des significations distinctes qui reflètent des valeurs et préoccupations privilégiées par chaque société14. A l’heure actuelle, le corpus littéraire africain-romans, nouvelles, poésie, contes, fables, légendes, essais... questionne et interroge la place de l’oralité dans toute oeuvre. Ces épisodes sont accompagnés d’un paroxysme de l’intensité musicale qui montre leur caractère exceptionnel et transgressif (PN, Garnier). Sur chacun de ces fragments, est résumé un proverbe par une série de signes et d’abréviations. 9 Par exemple, à la devinette « Je l’ai frappé, il m’a frappé », la réponse retenue comme bonne est l’eau (parce qu’elle éclabousse quand on la tape). La femme serpent ne peut pas lui donner d’enfant et dévore ceux qu’il a avec ses co-épouses, aussi Jaak décide-t-il de la tuer. transforme l’intérêt de la traduction en des enjeux majeurs dans un processus de transposi-tion. Les ressorts narratifs en sont bien souvent les razzias du bétail, conflits entre fratries, rivalités entre co-épouses. Il en est ainsi lorsqu’un texte est composé de façon préalable par un auteur, puis mémorisé par lui-même ou par d’autres chanteurs pour des performances ultérieures. Étudiant l’œuvre d’Homère, Parry observe que les épithètes qui caractérisent les héros permettent d’ajuster la prosodie en remplissant exactement l’espace compris entre la césure et la fin du vers. À l’inverse, dans les contes plus contemporains, les petites bonnes sont maltraitées par les adultes qui les accueillent (PN, Ugochukwu), . Ce récit présente certaines analogies avec la Chanson de Roland : Goumanel tue le neveu de Guelel qui refuse d’appeler à l’aide ; le récit s’achève comme les deux adversaires décident de faire la paix, suite à un long combat dans lequel aucun ne peut l’emporter. Il en est ainsi de la répétition sous ses diverses formes, de l’anaphore, de l’anadiplose, … Le récit oral progresse fréquemment selon des enchaînements phoniques, syntaxiques ou narratifs, procédé qui a pu être qualifié d’agrafage par l’anthropologue Marcel Jousse. Comme les épopées orales, les contes reflètent les structures et valeurs sociales. Analyse théorique de la littérature orale . En outre, dans les contes, les personnages peu nombreux ont une fonction généralement univoque et explicite vis-à-vis du héros ; genre plus ample, le roman introduit davantage de personnages avec une présence qui peut être affirmée ou éparse, une position susceptible d’être nuancée (AL, Hoensch). L’édition écrite joint aux signes de l’oralité un lexique plus soutenu, des notes et des explications visant à permettre sa diffusion auprès d’un public plus large (PN, Bourlet). Dans le conte traditionnel, les héroïnes ont le plus souvent la vie sauve, parce qu’elles demeurent intégrées et protégées par leur environnement social ; à l’inverse, dans la version contemporaine, la rencontre avec le serpent est généralement fatale, la jeune fille étant dépourvue de protection dans l’anonymat de la grande ville. Celle-ci aurait trouvé en cette source patrimoniale l'un … Le groupe des chasseurs fait circuler la parole entre le monde des hommes et celui des esprits (AL, Ugochukwu). Les valeurs de bravoure s’expriment notamment dans un épisode où ils affrontent un serpent. Cependant, l’influence de l’oralité sur les littératures d’Afrique noire pose aujourd’hui la question de sa redéfinition. Au sens où nous l’abordons, une oeuvre ou un écrit dans lequel le rythme ou le style seraient ainsi proches - si vous me permettez l’expression - de la « parole parlée ». Il peut correspondre à la prise en charge de la scolarité et de l’éducation de l’enfant en réponse à une demande de ses parents. . 1Le critère de l’oralité a été convoqué dès l’origine par la critique comme l’un des critères d’approche possibles – et même privilégiés – de la production littéraire africaine. En 1970, il a entrepris la rédaction d’une thèse qu’il n’a pas achevée, . Prenant acte de ces remarques, la nouvelle génération à qui les nostalgiques et des thuriféraires de la négritude reprochent le manque d’africanité, pose la question de la redéfinition de l’Oralité. Koffi Kwahulé disait : « Quoi que j’écrive, l’africanité reste présente dans mon oeuvre. Bonne semence : et, si nous étions un conseiller du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo .